Continuons notre découverte du patrimoine architectural de Saint-Denis grâce au site de la ville. Capitale économique de la Réunion, cette ville permet à ses habitants, mais également aux visiteurs de voyager dans le temps.

Notre-Dame de la Délivrance

  • L’église Notre-Dame de la Délivrance est un lieu de pèlerinage catholique qui compte parmi les plus fréquentés de l’île de la Réunion. Elle est le fruit d’un programme de construction cultuelle mis en place au XIXe siècle et témoigne de la diffusion du néogothique dans les colonies françaises. Par exemple, sa façade est de style gothique toscan est encore largement en usage en métropole durant la seconde moitié du XIXe siècle.
  • Construit en moellons de pierre volcanique avec des joints tirés à la pointe, il mesure 46 mètres de long, sur 18 mètres de large. Sa charpente métallique fut commandée aux ateliers Cail, ainsi que les fausses voûtes d’arêtes en tôle et disposées au-dessus de la nef et des bas-côtés.
  • L’édifice, qui abrite encore l’essentiel de son décor (il a bénéficié au début du XXe de la large contribution de deux curés artistes le père Meillorat pour le mobilier liturgique et le père Fulbert pour les peintures) et de son mobilier originel, est de plan allongé.

La Préfecture

  • Avant la construction de la Préfecture, au début du XVIIIe siècle le terrain qu’elle occupe actuellement abritait divers bâtiments en pierre ou en bois servant de logement et de communs au gouverneur et des magasins épars.
  • Tout commence en décembre 1731, lorsque l’ingénieur de la Compagnie Sornay s’exprime : « J’ai le chagrin de voir pour des sommes considérables de marchandises, cafés et autres effets renfermés dans des mauvais magasins de planches couverts de feuilles, exposés à périr ».
  • S’ensuit la construction d’un grand magasin, mais le manque de moyens (brique, chaux et pierre de taille) retarde grandement le projet.
  • Mars 1734, l’ingénieur Charpentier de Cossigny dresse les plans du « Grand magasin de Saint- Denis ». Mahé de La Bourdonnais va accélérer les travaux et optimiser les fonctions du bâtiment.
  • Le projet de « Grand magasin » devient la loge du gouverneur et de certains de ses collaborateurs avec une fortification du bâtiment.
  • C’est à partir du 19e siècle que la Préfecture prend petit à petit son visage actuel, avec des travaux de réfection et d’amélioration sous la supervision de l’ingénieur colonial Gaudin.
  • L’aspect général du bâtiment ne va pratiquement pas changer au cours du 19e siècle si on excepte l’élimination du dôme lors des travaux conduits en 1957 par l’architecte départemental Jean Hébrard.

Le Grand Marché

  • Au tout début, ce sont des étuves en bois qui donnent son nom au nouveau bazar. En 1863, la commune de Saint-Denis rachète le marché qui tombait alors en ruines, au Bureau de Bienfaisance. Il est ensuite reconstruit entre 1864 et 1866. Le chantier sera attribué au constructeur Georges et à l’architecte Péliard, sur concours, fait rare à l’époque.
  • Construit au centre-ville dans l’actuelle rue Maréchal Leclerc, le Grand Marché de Saint-Denis est bordé au nord par cette rue, à l’ouest par la rue Lucien Gasparin (ancienne rue du Canal), à l’est par un petit parking et au sud par diverses constructions. Il fut le premier ouvrage civil en fonte d’art de la colonie.
  • Construit à partir d’éléments préfabriqués, le Grand Marché de Saint-Denis est à l’image de beaucoup de halles construites en Métropole sous le Second Empire. A La Réunion, il s’agit du principal bâtiment conservé (avec le marché couvert de Saint-Pierre et l’Église du Rosaire à la Rivière Saint-Louis), construit à partir de tels éléments modulaires et moulés, avec un important souci du décor.
  • Sa structure métallique est typique des réalisations de la seconde moitié du XIXe siècle.
  • Les halles proprement dites, en fonte et fer forgé, comme les grilles qui les séparent de la rue Maréchal Leclerc, sont recouvertes de tôle.
  • Les halles sont constituées de huit pavillons répartis de part et d’autre de l’allée centrale. L’ensemble est construit en métal, colonnes, pièces d’assemblage, décor en fonte, pannes en acier, couverture en tôle nervurée.
  • La construction de cet édifice s’inscrit en tous les cas dans les réalisations qu’autorisait la prospérité économique de l’île avant 1870. L’importance de la construction, son caractère monumental, le peu de modifications subies depuis son édification ont justifié son inscription à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1997.

Le Jardin de l’État

  • Vers 1761 fut établi par les autorités, un grand jardin d’acclimatation et de naturalisation des plantes étrangères apportées à l’île Bourbon.
  • Victime des grandes crues de la Rivière Saint-Denis, il est transféré sur un terrain appartenant à l’État, plus spacieux et mieux adapté aux cultures d’acclimatation sous la supervision d’Honoré de Crémont.
  • Le jardin d’acclimatation a pour principal objectif d’introduire des plantes de cultures spéculatives et de les diffuser auprès des habitants si les essais s’avéraient concluants. Sa mission est également scientifique, en contribuant à l’accroissement général des connaissances.
  • Il sert aussi de relais à la diffusion de ces plantes dans les autres colonies.
  • Cette vocation d’acclimatation va par la suite et rapidement rentrer en incompatibilité avec l’usage de jardin public affecté à la promenade, aux manifestations festives et foraines. Fonctions principales qui perdurent aujourd’hui.

Le Muséum d’Histoire Naturelle

  • Le Muséum d’Histoire Naturelle est situé dans le jardin de l’État.
  • Il occupe les anciens locaux du Palais législatif construit en 1834 pour abriter le Conseil Colonial jusqu’au début de la IIIe République et la création du Conseil Général.
  • Le bâtiment est construit entre 1835 et 1837 sous la direction de Duval-Pirou, chef du service du Génie militaire afin de recevoir le Conseil Colonial.
  • Sur la façade principale domine un porche monumental composé de quatre colonnes colossales d’ordre toscan soutenant un pignon d’inspiration néoclassique. Il devient Muséum et premier musée crée à la Réunion en 1855.
  • De 12 000 pièces de collection à son ouverture en août 1855, on est aujourd’hui a plus de 60 000 pièces. Le fonds accueille une collection de la faune actuelle et disparue des îles de l’Océan Indien occidental (La Réunion, Madagascar, les Seychelles…), à l’origine essentiellement constituée par son premier conservateur Auguste Lantz.
  • Depuis 1992, une politique d’acquisition et d’échanges menée en particulier avec des musées de la zone Afrique Australe – Océan Indien, a permis de les enrichir de façon notable.

Si vous ne l’avez pas déjà fait, nous vous invitons à découvrir la 1ère partie de notre zoom sur l’architecture de la ville de Saint-Denis.

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